Prendre la parole, exprimer un désaccord, faire confiance : nous n’abordons pas tous les relations de la même manière. Comment travailler ces différences en formation sans enfermer les personnes dans des catégories ? Mon article Les orientations relationnelles en interculturalité présente un exercice structuré de dynamique des groupes, sous la forme d’un jeu de rôles suivi d’une analyse collective.
L’article à découvrir
Damien Kauffman, Les Cahiers internationaux de psychologie sociale, 2010/2, n° 86, p. 361 à 370. Une publication destinée aux formateurs qui souhaitent travailler les relations dans les rencontres interculturelles.
Quand un même comportement reçoit plusieurs lectures
Une personne parle peu pendant un échange. Faut-il y voir un manque d’intérêt, une marque de respect, une hésitation à contredire ou simplement le besoin de réfléchir ? Sans lui poser la question et sans examiner le contexte, il est difficile de le savoir.
C’est ce type de questionnement qui rend le thème utile : distinguer ce que l’on observe de l’explication que l’on en donne. L’interculturalité invite à examiner la rencontre de manières de penser et d’agir qui ne vont pas nécessairement de soi pour chacun. Dans cette publication, la réflexion ne se limite pas au pays d’origine : elle prend également en compte le milieu social et les particularités personnelles.
L’intérêt du jeu de rôles et de son analyse
L’exercice vise à rendre plus visibles différentes orientations relationnelles et leur influence possible sur le fonctionnement d’un groupe. Il propose aussi de réfléchir aux réponses que les participants pourraient apporter aux difficultés rencontrées.
L’analyse collective occupe une place importante dans la démarche présentée. Chacun est invité à revenir sur les moments où il a perçu un changement, une réticence ou une ouverture, chez lui-même ou chez les autres. Le formateur guide ensuite la réflexion sur ce qui pourrait relever de la personne, de la culture ou d’un milieu d’appartenance.
L’intérêt pédagogique est de partir de ce qui a été perçu pendant l’exercice pour le mettre en discussion. Le jeu de rôles fournit un support à cette réflexion ; le travail de compréhension demande ensuite de confronter les points de vue et d’interroger les premières interprétations. Ce sont des objectifs de formation, sans garantie que l’exercice suffise à transformer durablement les relations.
Trois questions pour accompagner la lecture
Les questions suivantes prolongent ici la présentation de l’article. Elles peuvent guider votre réflexion, sans remplacer les consignes de l’exercice original.
Qu’est-ce que j’ai effectivement observé ?
« Cette personne n’a pas pris la parole » décrit un comportement. « Elle ne veut pas participer » lui attribue déjà une intention. Faire cette distinction permet de laisser ouvertes plusieurs explications et de chercher ce qui aiderait à les préciser.
Quelles attentes ai-je considérées comme évidentes ?
Faut-il intervenir spontanément ou attendre d’être sollicité ? Exprimer directement un désaccord ou en parler à part ? Mettre ces attentes en mots peut aider à comprendre ce qui paraît respectueux, déroutant ou inapproprié à chacun, sans désigner d’avance une seule bonne manière de faire.
Qu’est-ce qui, dans le cadre, facilite ou freine l’échange ?
La langue utilisée, la clarté des consignes, le temps disponible et la présence d’un responsable méritent aussi d’être examinés. Si les conditions de participation ne sont pas les mêmes pour tous, demander uniquement aux personnes de changer leur attitude risque de laisser le problème intact.
Une ressource pour préparer une formation
Cette lecture s’adresse d’abord aux formateurs intéressés par la dynamique des groupes et les rencontres interculturelles. Elle peut les aider à examiner si ce type d’exercice correspond aux objectifs d’une formation et à la réflexion qu’ils souhaitent ouvrir avec les participants.
Pour préparer une animation, il faut consulter la publication originale : cette page en présente l’intérêt, mais ne reproduit pas le protocole. Les modalités du jeu de rôles et le travail d’analyse demandent une préparation ; quelques questions de discussion ne constituent pas, à elles seules, une séance prête à animer.
Des repères pour questionner, pas des étiquettes
Dans l’usage de ce type de ressource, gardons une précaution : une origine nationale ou sociale ne permet pas de déduire le comportement d’une personne. L’explication culturelle reste une hypothèse à examiner avec d’autres, y compris l’histoire des relations, les rôles et l’organisation du travail.
Un exercice de formation ne constitue pas non plus un diagnostic d’équipe. Il ne suffit pas à régler un conflit réel ni à corriger des règles injustes ou des rapports de pouvoir problématiques. Ces limites d’usage accompagnent ici l’invitation à lire et à discuter cette publication de 2010.
Découvrir la publication originale
Vous souhaitez approfondir cette démarche et examiner l’exercice dans son ensemble ? Retrouvez l’article original et ses modalités de consultation sur le site de la revue.
Référence : Kauffman, D. (2010). Exercice structuré de dynamique des groupes. Les orientations relationnelles en interculturalité. Les Cahiers internationaux de psychologie sociale, 2010/2, n° 86, p. 361–370. DOI : 10.3917/cips.086.0361.